Le 13 juin 1908, le maire fit apposer sur l'église une plaque indiquant "aux habitants que l'édifice a été mis gratuitement à leur disposition". Il répliquait ainsi à la construction par Mgr Mangin d'un nouvel édifice religieux à Stenay : la chapelle du Sacré-Cœur, en face du cimetière, dont la première pierre fut posée le 12 avril et qui fut inaugurée le 25 octobre. Le maire tenta d'y interdire toute manifestation et toute cérémonie, en vain. En fait, cette chapelle, considérée comme " chapelle de secours " au cas où le curé serait à nouveau interdit de culte dans l'église, ne servit pratiquement qu'aux réunions des hommes de la confrérie du Sacré-Cœur.
Puis un arrêté du 28 juillet 1908 spécifia l'interdiction de toute manifestation musicale ou gymnique sans autorisation du maire ; l'arrêté fut repris le 11 et le 13 août 1909 suivant : la paroisse possédait en effet sa propre musique et sa propre société de gymnastique. Le 5 février 1909 et en mai 1910, le maire rappela un arrêté préfectoral de 1894 interdisant toute exposition de drapeaux autres que les drapeaux nationaux et ceux autorisés : cette fois-ci, c'étaient les processions religieuses qui étaient visées, avec leurs bannières. Le 8 août 1909, il rappela encore l'interdiction de tout attroupement, rassemblement, défilé… Poterlot, pratiquement impuissant devant le curé et les fidèles, essayait en fait d'appliquer strictement la loi.
Les relations normalisées
1912
Les 12 mai 1912 se déroulèrent de nouvelles élections municipales : Poterlot et Primard ne furent pas réélus, et Jules Drappier retrouva son siège de maire. La situation politique locale redevint enfin normale, même si le maire conservait ses convictions républicaines. Plus diplomate que Poterlot, il évita avec précaution toute lutte ouverte avec le curé. Il n'y eut pas véritablement de " guerre religieuse " à Stenay pendant cette période de plus de dix ans, mais plutôt de fréquentes escarmouches entre les deux parties. Les relations entre l'Etat français et Rome ne furent seulement normalisées qu'en 1923 ; par contre, les trois départements d'Alsace et de Moselle restèrent dépendants du Concordat de 1801.

