Ernest Bourgeois, bienfaiteur de la chapelle du Sacré-Cœur

En fin de XXème siècle, où Stenay célèbre les fastes et les créations du XIXème siècle, un des personnages les plus humbles, les plus secrets mais aussi le plus généreux reste cependant méconnu pour les Stenaisiens d'hier et d'aujourd'hui.

Ernest BOURGEOIS naquit à Stenay le 8 février 1834. Rentier, il fut toute sa vie un chrétien fervent, à la vie austère, amoureux de sa Meuse natale et de ses paroisses. Il consacre sa vie entière et ses moyens financiers à la reconstruction des églises des environs de Stenay, mises à mal par la Révolution et par les outrages du temps. Plusieurs bâtiments anciens disparurent alors, mais peu d'éléments pouvaient, semble-t-il, être sauvés après un siècle d'abandon.

Ernest BOURGEOIS fut très marqué par la mode de la fin du XIXème siècle, et surtout par les théories médiévistes de l'architecte Viollet-le-Duc. La France connaissait alors une grande époque de reconstruction des bâtiments du Moyen Ãge et de construction de monuments imitant ceux des XIIème - XIIIème siècles. La première église " de style roman du XIIIème siècle " fut construite à Autreville, entre 1869 et 1971, par le curé Dumay, mais resta inachevée.

L'aide d'Ernest BOURGEOIS se manifesta en premier lieu à Cervisy, où il finança avec des mécènes locaux la construction de la chapelle Saint-Joseph, qui remplaça en 1882 l'antique chapelle Saint-Lambert.

En 1893, c'est l'église de Notre-Dame-de-l'Assomption qui s'édifia à Cesse, grâce à son aide financière, puis, en 1895, celle de Villefranche. On remarqua aussi sa générosité pour la transformation de l'église de Beaufort et la décoration de celle de Luzy. Et enfin, en 1908, il finança la construction à Stenay de la chapelle du Sacré-Cœur, destinée à accueillir la confrérie de Saint-Joseph.

Les libéralités de ce mécène se manifestèrent également dans d'autres domaines de la vie quotidienne de la paroisse, avec des aides aux écoles libres de la ville, avec la restauration de l'orgue de Saint-Grégoire (1895) et la construction de la salle des Œuvres de Saint-Ernest (rue Jean-Baptiste Colin) en 1906. Ce bâtiment, toujours orné d'une croix de Lorraine, abrita un théâtre et une salle de réunions destinée aux jeunes après la Séparation de l'Eglise et de l'Etat. On lui doit enfin la construction du gymnase destiné à la société de gymnastique 'l'Espérance " (actuel cinéma Jeanne d'Arc*1) en 1908 et de nombreux dons au Pensionnat des Frères de Juvigny (occupé aujourd'hui par la Fondation Perce-Neige.

Stenay et ses environs connaissaient alors de graves troubles politiques, mais la paroisse était administrée par un prêtre d'exception, Mgr. MANGIN, qui trouva toujours auprès d'Ernest BOURGEOIS l'aide et le réconfort qui lui étaient nécessaires. Ernest BOURGEOIS, qui habitait avenue Gambetta, décéda à Stenay le 18 janvier 1910.

1994 Phillipe VOLUER ♰

Notes : *1 - Le cinéma " Jeanne-d 'Arc ", Rue Pasteur, était détruit par un incendie 2005.