Histoire de la Chapelle du Sacré-Cœur
Résumé :

1905 : La séparation des Églises et de l'État
retrace les tensions et les bouleversements à Stenay liés à la séparation des Églises et de l'État, suite à la loi de 1905. Il décrit les conflits entre républicains et catholiques, la lutte entre le maire et le curé, ainsi que les mesures prises pour limiter l'influence religieuse dans la vie publique et les institutions locales. La période fut marquée par des manifestations, des interdictions et la reprise des biens religieux par la commune, avant une normalisation progressive des relations à partir de 1912.

1907 : Eglise fermé
Suite à la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, la commune de Stenay a repris possession des biens religieux et restreint les activités du culte, provoquant de vives tensions locales. L'église a été fermée, des mesures restrictives imposées au clergé, et un faux prêtre a tenté de s'imposer avant d'être démasqué. Malgré des interventions de l'armée et de la justice, la situation resta conflictuelle, avec une forte mobilisation de la population catholique et des cérémonies délocalisées.

1908 : La chapelle du Sacré-Cœur
En 1908, le maire a mis l'église à la disposition gratuite des habitants en réponse à la construction d'une nouvelle chapelle du Sacré-Cœur par Mgr Mangin à Stenay. Malgré les tentatives du maire d'empêcher les cérémonies dans cette chapelle, celle-ci n'a servi principalement qu'aux réunions des membres masculins de la confrérie du Sacré-Cœur.

1912 : Les relations normalisées
En 1912, la vie politique à Stenay retrouve une certaine stabilité avec la réélection de Jules Drappier comme maire, connu pour ses convictions républicaines mais aussi pour sa diplomatie envers le clergé local. Durant une décennie, la ville évite une véritable "guerre religieuse", bien que des tensions subsistent entre les autorités civiles et religieuses. Les relations entre l'État français et le Vatican ne seront officiellement rétablis qu'en 1923, tandis que l'Alsace et la Moselle restent régies par le Concordat de 1801

Monseigneur MANGIN Jean Pierre Elzire
Monsieur MANGIN, prêtre passionné et bâtisseur, a marqué la ville de Stenay par ses nombreuses réalisations, telles que la Maison d'Œuvres, le pensionnat Sainte-Marie et plusieurs associations paroissiales. Opposé à la politique municipale, il fait preuve de courage lors de la Première Guerre mondiale en accueillant des réfugiés belges et en assumant brièvement la fonction de maire sous l'occupation allemande. Épuisé par les événements, il décède le 9 septembre 1914, victime d'un surmenage extrême.